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Philippe Allemand

Comment faire voler une autruche ?

 

 

Voilý une intÈressante question ý laquelle, nombre de struthiologues se sont usÈ les neurones en vain, passant des conjectures les plus folles, aux applications les plus alÈatoires et dangereuses pour les oiseaux sus nommÈs (remarquons ici que je ne parle pas de volatile).
L'autruche ne vole pas, ceci est un fait, bien que cette derniËre appartienne au groupe zoologique des oiseaux.
Nombre d'africains vous le diront, l'autruche, mÍme dans son milieu naturel, ne vole pas.
A cela plusieurs raisons dont une principale et quelques unes annexes que nous n'Èvoquerons que trËs vite vu leur peu d'intÈrÍt scientique.
La principale raison est celle du poids.
En effet il n'est pas possible aux autruches de voler, car elles ne pourraient pas se poser sur les c’bles Èlectriques aux cÙtÈs des hirondelles, pinsons, mÈsanges et autres piafs.
Il en est de mÍme pour les antennes tÈlÈ et les frÍles brindilles des bordures de feuillage.
Si certaines autruches s'y sont essayÈ, elles l'ont toutes regrettÈ et l'autruche Ètant un animal intelligent, l'expÈrience des unes profite aux autres.
Les autres raisons seraient le grand souci de son image et la petitesse de ses ailes.
Au niveau de son image, il est vrai qu'un vol d'autruche dÈversant ses fientes aurait, du point de vue de la notoriÈtÈ, un impact dÈsastreux.
On tempÍte suffisamment contre les pigeons.
C'est Ègalement une des raisons pour laquelle les vaches ne volent pas (outre le fait qu'elles n'ont pas d'ailes).
L'autruche, animal hautement sociable, a prÈfÈrÈ sacrifier les plaisirs aÈronautiques ý l'autel de son image.
Et comme en plus elle ne pouvait pas se poser sur les antennes, on comprend aisÈment son choix.
Toutes ces raisons, ainsi que l'Èvolution des espËces, font qu'ý prÈsent, le vol est pour l'autruche une impossibilitÈ.
Avec le temps et l'hÈrÈditÈ, l'autruche ne peut plus penser "vol".
La nature Ètant bien faite, ne pouvant voler, l'idÈe leur en a ÈtÈ retirÈe.
Il n'y a donc aucune frustration.
NÈanmoins, nous pouvons penser qu'il serait charitable de permettre ý cet oiseau de connaÓtre les joies du looping, de la boucle piquÈe et pourquoi pas de la vrille ý plat sur le dos.
Pourquoi pas, mais comment ?.
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Et c'est lý que la science peut nous venir en aide.
En effet, les rÈcents dÈveloppements de la physique fÈlino-beurrique ont permis des avancÈes significatives en matiËre d'antigravitation seule partie de la science avec l'art de la poudre ý canon et de ses dÈrivÈs aptes ý nous aider ý faire voler une autruche.
Mais avant l'application, il nous faut revenir sur la physique fÈlino-beurrique.
Cette science repose sur deux postulats de bases dÈmontrÈs par l'expÈrience.
Le premier de ces postulats est le principe de la tartine beurrÈe : " Toute tartine prÈalablement beurrÈe doit tomber sur la face beurrÈe" Cet Ètat de fait est facilement dÈmontrÈ par l'expÈrience.
La dÈmonstration peut s'effectuer de plusieurs maniËres.
Une trËs simple impliquant le principe de Murphy ("Si quelque chose peu se passer mal, alors Áa se passera mal") et une seconde plus thÈorique.
Ne tombons pas dans la facilite et attaquons-nous ý l'aspect thÈorique de la dÈmonstration.
Une tartine beurrÈe ne peut que tomber sur sa face beurrÈe.
On constate que du point de vue ÈnergÈtique, la variation d'Ènergie totale d'une tartine beurrÈe chutant est nulle ce qui est en tout point conforme au principe de conservation de l'Ènergie.
De plus si la tartine tombe du cÙtÈ beurrÈ, une certaine quantitÈ de beurre est perdue par la tartine et se rÈpand sur le sol.
Il y a incontestablement augmentation de l'entropie du systËme.
Pour respecter le troisiËme principe de la thermodynamique une tartine doit donc nÈcessairement tomber sur la face beurrÈe.
Le second postulat tenant de l'aÈrodynamique fÈline dit : "tout chat lancÈ d'une certaine hauteur tombe invariablement sur ses pattes".
Postulat trËs aisÈment vÈrifiable en lanÁant un quelconque chat de n'importe quel Ètage.
(Etage supÈrieur au rez-de-chaussÈe).
La question Ètait donc : " que se passerait-il si on attachait une tartine beurrÈe sur le dos d'un chat (cÙtÈ beurre apparent) avant de le lancer par une fenÍtre ?" Les lois de la tartine beurrÈe stipulent de maniËre dÈfinitive que le beurre doit toucher le sol alors que les principes de l'aÈrodynamique fÈline rÈfutent strictement la possibilitÈ pour le chat d'atterrir sur le dos.
Si l'assemblage du chat et de la tartine devait atterrir, la nature n'aurait aucun moyen de rÈsoudre ce paradoxe.
C'est pour cela qu'il ne tombe pas.
C'est de cette maniËre que le secret de l'antigravitÈ a ÈtÈ dÈcouvert.
Un Chat Tartine, s'il est lancÈ d'une fenÍtre, s'ÈlËvera ý une hauteur appropriÈe qui sera le point d'Èquilibre des forces de retournement fÈline et d'attraction beurriËre.
Ce point d'Èquilibre peut Ítre soigneusement modulÈ en enlevant un peu de beurre pour le faire monter ou en enlevant quelques-unes des pattes du chat pour le faire descendre.
En attachant quelques Chats Tartines sur une autruche et en la lanÁant d'une hauteur idoine, nous obtiendrons une autruche volante.
ŠlÈmentaire non.
Mais attention, ce systËme prÈsente nÈanmoins des dangers.
En effet si le chat arrive ý manger la tartine, la catastrophe est inÈvitable.
Des recherches sont donc en cours pour trouver un beurre qui ne plaise pas aux chats.
Le beurre de cacahuËtes semble trËs prometteur et les expÈrimentations sont en cours.
Ceci permettra aux autruches de satisfaire leur rÍve secret (et inconscient) : S'envoler telle Remedios la belle.
Mais ceci est une toute autre histoire.